Les lombalgies communes

Les douleurs de la région lombaire sont fréquentes au cabinet d’ostéopathie. La lombalgie est un bon exemple pour parler de la recherche qu’effectue l’ostéopathe. Vous allez voir différents cas cliniques avec quelques informations de départ, le raisonnement, le traitement et la prise en charge. Ces exemples vous montreront que pour une même localisation de douleur (latérale L4/L5 gauche ou droite), les origines sont différentes. Précisons également que pour d’autres patients la solution aura été les infiltrations, l’acupuncture, le massage, les anti inflammatoires …

 

Cas n°1 Lombalgie aiguë par compression d’une facette articulaire postérieure.

Un homme de 40 ans qui soulève une charge très lourde associé à une rotation du tronc se fait mal en bas du dos à gauche. Il attend d’abord 5 jours pensant que cela va passer. La douleur étant toujours là, il consulte son médecin. Il attend une semaine que le traitement agisse. La douleur est moins « mordante » mais toujours là et perturbe ses habitudes. Il consulte l’ostéopathe. C’est une douleur très localisée en latéral gauche de L4/L5

Le diagnostique ostéopathique donne les informations suivantes:

Les muscles multifides, érecteurs du rachis sont particulièrement contractés sur la région lombaire gauche. Les lombaires L4/L5 ne bougent pas dans les petits paramètres de rotation. Une perception tactile informe d’une tension en direction des ligaments ilio-lombaires gauches. Leur capacité d’étirement est restreinte.

Raisonnement :

La situation n’ayant pas beaucoup évolué depuis deux semaines, il semble qu’une structure bloque le système et empêche la régulation naturelle. La personne a porté une charge très lourde dans un geste de rotation. Les structures de soutien de la colonne ont été sollicitées dans leurs capacités maximales.

lombalgie

Traitement:

Le traitement vise à libérer le ligament ilio-lombaire gauche. l’objectif est de retrouver une capacité d’étirement de la région du ligament, la rotation des lombaires basses. Le début commence par une compression localisée sur les processus articulaires postérieurs gauche de L4/L5 avec un appui au niveau de l’épine iliaque postéro supérieure. La compression dans la densité de la zone finit par créer une libération d’énergie qui se traduit par une récupération de l’élasticité du ligament. La suite du traitement met en évidence un conflit au niveau même de la facette articulaire L4/L5. une nouvelle compression durant plusieurs minutes avec quelques mouvements très fins finissent par libérer l’articulation. Le traitement se poursuit par des petits mouvements d’étirements des muscles et des fascias au niveau du muscle carré des lombes, des paravertebraux jusqu’aux dorsales moyennes, de l’articulation sacro-iliaque et du grand ligament sacro-sciatique.

Réévaluation:

A la fin de la séance, la mobilité des lombaires et de l’articulation sacro-iliaque est améliorée, les muscles sont moins tendus. Le patient sent un soulagement et une amélioration. La douleur est toujours présente mais diffuse. L’inflammation peut expliquer cela. (Au  bout de trois jours la situation est revenue à la normale.) Au vu de l’amélioration soudaine on peut penser que le conflit entre les facettes articulaires décrites ci-dessus est à l’origine de cette lombalgie.

Suite de la prise en charge:

Compte tenu de l’amélioration de la première séance, de l’ancienneté et l’intensité du traumatisme, le patient est invité à revenir dans une semaine. L’objectif sera de continuer à libérer l’espace lombaire en élargissant la zone de traitement.

 

 Cas n°2 Lombalgie aiguë d’origine coxo-fémorale

Un homme de 35 ans décrit une douleur après avoir porté une charge lourde il y a trois jours. La douleur se situe comme pour le cas N°1 au niveau de L4/L5 gauche. La personne consulte l’ostéopathe en première intention.

Le bilan clinique montre une douleur en latérale de L4/L5. reproduit à la compression de la zone. La position assise n’est pas confortable mais celle en décubitus dorsal, hanche plié, soulage.

Le bilan ostéopathique donne les informations suivantes: la sensation d’une traction du sacrum vers l’avant en bas. lombaires (L4 et L5) et sacro iliaques gauche immobiles dans les petits paramètres de sollicitation. Tension musculaire dans la région de la 12eme côte et T12/L1 en direction de l’avant.

lombalgie d'origine coxo-fémoraleRaisonnement:

Il y a une souffrance du nerf dorsal au niveau de L4/L5 gauche, pourtant je ne retrouve pas de tensions particulières sur ce point douloureux. La traction du sacrum ressenti m’oriente sur le ligament sacro-sciatique. La région de la 12eme côte n’est pas non plus en restriction de mobilité, la tension pourrait provenir du muscle psoas, vu la traction antérieur ressentie.

Traitement:

objectif: relâcher la tension musculaire au niveau de l’angle K12/T12/L1 et relâcher la traction qui s’exerce sur le sacrum. Le traitement commence par aller dans la compression en direction du ligament sacro-sciatique en prenant appui sur ses points d’insertions. Puis mobiliser finement la sacro-iliaque. Puis la région du psoas et de son insertion sur le fémur. Au fur et à mesure que les structures se relâchent, l’accès à la profondeur est facilitée, les muscles fessiers, petit et moyen apparaissent comme tendus par contraste et finissent eux aussi par se relâcher.

Réévaluation:

Dans ce cas précis, le soulagement a été instantané et une deuxième consultation n’a pas été jugée nécessaire dans l’immédiat. On peut penser que la tension du muscle Psoas , des muscles fessiers et du Ligament sacro-sciatique sont à l’origine de cette lombalgie. Chez cette personne, il semblerait que la rotation traumatique (en charge) s’est effectuée autour de l’articulation coxo-fémorale.

 

 Cas n°3 Lombalgie aiguë d’origine viscérale

Une femme de 35 ans se réveille un matin avec une lombalgie au niveau L4/L5 droite sans avoir fait d’efforts particuliers la veille. La douleur n’est pas violente mais incommode dans le métier et persiste. Elle a fait faire un massage du dos mais la douleur est toujours là. Deux jours plus tard elle consulte l’ostéopathe.

Le bilan clinique montre une douleur L4/L5 droite accentuée sur certains mouvements et une gène permanente.

Le bilan ostéopathique donne les informations suivantes : il n’y a pas de perte de mobilité de la région lombaire mais une tension en direction de la profondeur en regard de L4/L5/S1. Cela me conduit à investiguer la région viscérale. La région cæcale ne bouge pas lorsqu’on le sollicite dans différents paramètres fin.

Raisonnement : l’origine de la douleur n’est pas apparue avec une certitude franche comme les deux cas précédents. je ne retrouve pas de  structure postérieure en tension qui pourrait l’expliquer, pourtant une structure vient bien irriter (ou pincer) un nerf en latérale de L4/L5. Je retrouve la région du cæcum fortement altérée dans son équilibre. La proximité et le lien anatomique du péritoine en font un choix de traitement prioritaire. Aucun signes cliniques d’exclusion, nous pouvons continuer la séance.lombalgie d'origine viscérale

Traitement : le traitement commence donc par de petits mouvements pour mobiliser l’environnement du cæcum jusqu’à obtenir une mobilisation du colon. De là les perceptions palpatoires évoluent, j’ai un accès à la profondeur qui me permet de détecter une tension le long de la crête iliaque droite en interne, avec l’insertion des muscles de l’abdomen. Je poursuis le traitement dans cette direction et je finis par ressentir un relâchement de la tension profonde perçu au début de la séance au niveau L4/L5.

Réévaluation : la douleur s’est estompée aussi tôt, la personne décrit avoir eu récemment quelques difficultés de transit (constipation).