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Par Arthur Meunier, ostéopathe à Melun
Conférence présentée le 22 novembre 2025 devant les présidents des clubs de randonnée de Seine-et-Marne.
Lorsque l’on cherche la cause mécanique avec précision, un même symptôme peut avoir des origines très différentes.
En ostéopathie, l’objectif est d’identifier la structure en dysfonction.
Cette méthodologie permet :
✔ un traitement plus efficace,
✔ la bonne réorientation quand nécessaire,
✔ une meilleure compréhension par le patient.
Introduction : pourquoi s’intéresser à l’origine des symptômes ?
En début d’année 2025, j’ai rédigé un article sur la marche,(lien vers article traitement spécial du macheur) destiné à une conférence pour l’Université Inter-Âge. Pour tester son impact, je l’ai envoyé à de nombreux clubs de randonnée partout en France. Les retours étaient positifs.
À la suite de cette démarche, j’ai été invité par Coderando77 à présenter une conférence sur l’ostéopathie et à expliquer, de manière simple et pratique, comment un symptôme apparaît et quel en est la cause mécanique pour des cas particuliers.
Cet article reprend le contenu de cette conférence :
➡ comprendre l’apparition d’un symptôme,
➡ classer les causes possibles,
➡ illustrer par de nombreux cas cliniques,
➡montrer quand orienter vers un médecin, un podologue, un orthoptiste ou un kinésithérapeute.

Classification : d’où vient un symptôme ?
En ostéopathie, comme en médecine, il est essentiel de comprendre l’origine des symptômes.
Mais pour savoir comment travailler manuellement il faut déterminer quelle structure mécanique est perturbée.
Voici les grandes catégories de causes observées en consultation :
1. Accident ou choc direct
Chute, torsion, faux mouvement…
2. Défaut de posture
Déséquilibre de la posture, appuis modifiés, habitudes de vie…
3. Déséquilibre entre effort et récupération
Excès d’activité, randonnée soutenue, fatigue musculaire…
4. Maladie
Infection, inflammation, fatigue générale…
5. Usure / vieillissement
Arthrose, dégénérescence articulaire, nerveuse…
Comment comprendre l’origine des symptômes ?
Les cas suivants illustrent différentes situations où le corps exprime une douleur… dont l’origine ne se révèle qu’en prenant le temps de remonter l’histoire.
1. Accidents / chocs
1) Une lombalgie apparue “sans raison”… ou presque
Un patient consulte pour une douleur lombaire installée depuis quelques jours. Rien de particulier selon lui, pas d’effort notable.
En creusant l’anamnèse, il se souvient finalement avoir trébuché lors d’une marche, le pied s’étant enfoncé dans un trou peu visible. Le choc, bien que banal sur le moment, a provoqué une contrainte mécanique à l’origine de la douleur.
2) Une cheville qui gonfle après une simple torsion
Une patiente arrive avec une cheville gonflée et sensible. Elle évoque un faux pas, sans chute ni traumatisme majeur.
L’examen met en évidence une torsion de la jambe ayant entraîné une perturbation des circulations lymphatique et veineuse, expliquant l’œdème persistant.
3) Une lombalgie aiguë après un geste du quotidien
Un patient décrit une douleur lombaire brutale survenue en se baissant pour ramasser un objet.
Le mouvement associait flexion et rotation, une combinaison à risque, notamment au niveau L5/S1. Ce “faux mouvement” est à l’origine de la symptomatologie aiguë.
4) Une sciatalgie… dont l’origine surprend
Un patient consulte pour une douleur irradiant dans la jambe, évoquant une sciatique.
L’anamnèse révèle un épisode inhabituel : son chien a tiré violemment sur la laisse, entraînant une traction importante du bras. Ce mécanisme a généré des contraintes à distance, pouvant expliquer l’apparition de la sciatalgie.
Anecdote : trois lombalgies, trois causes différentes
Trois patients consultent pour une douleur localisée en bas du dos, du côté droit.
Le symptôme est identique… mais l’origine, elle, diffère complètement.
1) Une lombalgie après le port d’un chauffe-eau
Un patient consulte pour une douleur lombaire apparue après avoir manipulé un chauffe-eau.
L’analyse met en évidence un spasme des muscles de la hanche, secondaire à l’effort de port de charge.
2) Une lombalgie après le port d’un lave-linge
Un autre patient décrit une douleur similaire, déclenchée lors du déplacement d’un lave-linge.
Le mécanisme, plus contraignant, a entraîné une compression brutale au niveau L5/S1, expliquant la symptomatologie.
3) Une lombalgie d’origine viscérale
Un troisième patient présente une douleur comparable, sans effort particulier.
L’anamnèse révèle un épisode de constipation. La tension viscérale a perturbé la zone lombaire, en lien avec le territoire L5/S1.
Réorientations (suite à un traumatisme)
Certaines situations nécessitent une prise en charge médicale rapide :
4) Un genou gonflé après un choc
La présence d’un épanchement synovial oriente vers une consultation médicale.
5) Une douleur persistante au pied après effort
Le diagnostic évoque une fracture de fatigue nécessitant un avis médical.
6) Une douleur thoracique après une chute
La suspicion de fracture de côte impose également une réorientation vers un médecin.
Cas cliniques : défaut de posture
7) Une douleur de hanche liée au fascia lata
Un patient consulte pour une douleur latérale de cuisse.
L’origine est posturale, avec une bascule du bassin associée à de mauvaises positions assises répétées.
8) Une lombalgie liée aux chaussures
Une douleur lombaire chronique s’installe progressivement.
L’examen met en cause des chaussures inadaptées, avec des semelles trop épaisses ou trop souples.
9) Une douleur plantaire persistante
Une patiente présente une aponévrosite plantaire.
Fait notable : le trouble est apparu après une intervention dentaire, ayant entraîné un déséquilibre postural global.
10) Une douleur sous la malléole externe
Un patient décrit une gêne après une longue marche en chaussures de ville.
La voûte plantaire, contrainte en torsion, est à l’origine de la douleur.
Réorientations (posture)
11) Boiterie liée à un appui douloureux
La présence d’un durillon oriente vers un pédicure.
12) Douleurs lombaires répétées
Une inégalité de longueur des membres inférieurs nécessite un bilan chez un podologue.
13) Migraine associée à une posture tête en avant
Un trouble de convergence visuelle peut être en cause, justifiant un avis orthoptique.
14) Difficulté à marcher avec appréhension
Une mauvaise adaptation aux verres correcteurs peut également relever d’un orthoptiste.
Cas cliniques : effort / récupération
15) Douleur du releveur du pied après randonnée
Un patient consulte après une randonnée en montagne.
L’effort intense a entraîné une tendinite du releveur du pied.
16) Douleur de genou après course sur terrain instable
La course sur des cailloux a généré une torsion répétée de la voûte plantaire, à l’origine de la douleur.
17) Sensation anormale dans la cuisse
Un patient décrit des paresthésies.
L’origine est une compression du nerf cutané au niveau de l’aine, liée à un psoas inflammatoire.
Réorientations (effort)
18) Douleur d’épaule persistante
Un déséquilibre musculaire nécessite une prise en charge en kinésithérapie.
19) Tendinite du tendon d’Achille
Les micro-traumatismes répétés justifient également un suivi kinésithérapique.
Cas cliniques : maladies
20) Essoufflement inhabituel à l’effort
Un patient présente une gêne respiratoire en randonnée.
L’origine est infectieuse (rhume, grippe, COVID), avec une diminution temporaire de l’amplitude thoracique.
21) Lombalgie après infection urinaire
Une douleur lombaire persiste après résolution de l’infection.
Une perte de mobilité lombaire secondaire en est responsable.
22) Sciatalgie après épisode de toux
Une toux sévère a généré une tension diaphragmatique, entraînant un blocage lombaire.
Cas clinique : usure
23) Sciatalgie d’origine mécanique chronique
Un patient présente une douleur irradiant dans la jambe.
L’origine est une arthrose de hanche associée à une fatigue du muscle psoas.
Conclusion : comprendre la cause pour traiter efficacement
Lorsque l’on cherche la cause mécanique avec précision, un même symptôme peut avoir des origines très différentes.
En ostéopathie, l’objectif est d’identifier la structure en dysfonction.
Cette méthodologie permet :
✔ un traitement plus efficace,
✔ la bonne réorientation quand nécessaire,
✔ une meilleure compréhension par le patient.
Description complète des cas cliniques
La partie ci-dessus résumait les cas cliniques, dans la partie ci-dessous je vais écrire les cas cliniques comme ils ont été présenté lors de la conférence.
1) Mal de dos : Un patient de 65 ans se présente avec une douleur au bas du dos, vive, qui est arrivé après avoir heurté une racine avec son pied lors de la marche en forêt. Le coup dans le pied lui a fait mal mais a stoppé net le balancement de la jambe entrainant des spasmes au niveau dos. L’arret brutal avec un grand bras de levier a perturbé la region lombaire.
Le traitement se fait sur les lombaires mais en prenant en compte toute la jambe pour obtenir une amélioration rapide.
2) Un homme de 63 ans présente une seule cheville gonlée qui lui rend la marche pénible. la discussion révèle qu’il a eu une torsion de la jambe avant que cela ne se produise mais rien de grave ni d’autres problèmes de santé. Au bilan je retrouve une sensation de torsion de la jambe entre tibia et péroné. Le travail a consisté à détendre les muscles autour et mobiliser doucement pour enlever cette impression de torsion. A la suite de cela le gonflement a diminué et la marche était indolore. On peut supposer que la torsion exercait une compression sur le réseau lymphatique.
3) Un homme de 53 ans se présente avec une douleur en bas du dos apparu après avoir porté une charge et en se tournant en même temps. C’est le lumbago classique. Le traitement a consisté à detendre les muscles autour des lombaire puis proposer aux articulation un ajustement. La douleur provenait de la compression induite par les tensions musculaire, la douleur a pu partir aussitôt. C’est différent lorsqu’il y a une inflammation des tissus.
4) Une femme de 60 ans se présente avec une douleur sur le trajet du nerf sciatique. Le seul évènement troublant avant que cela n’arrive est que son chien lui a tiré violement le bras par la laisse.
La traction violente a fait réagir tout le corps et c’est au niveau des lombaire qu’elle a fourni le plus de puissance pour retenir le chien. Cela a destabilisé son equilibre du dos et de l’épaule. En travaillant l’épaule il a été possible de relacher une tension sur le grand muscle dorsal qui descend jusqu’au dos. Puis le dos s’est détendu tranquillement.
5) L’anecdote des trois lombagies est l’un des premiers articles que j’ai écris pour parler des origines multiples qui peuvent créer un symptôme semblable. Voir l’article des lombalgies en détail.
6) Un homme de 70 ans trébuche dans la forêt et a mal au genou. Il y a une légère torsion perceptible autour du genou mais en rectifiant cela la douleur n’a pas changée. Il n’y a plus de tension musculaire qui explique la douleur. Les tissus ont été probablement légèrement abimé, il va consulter son médecin pour d’éventuel analyse complémentaire. Il s’agit d’une épanchement de synovie. Il y aura donc un temps de cicatrisation incompressible.
6) Une femme de 50 ans qui fait de la course à pied régulièrement ressent subitement une douleur dans le pied. Le bilan ne révèle pas de spasmes ni de torsion particulière du pied mais un point bien précis douloureux. Elle est invité à voir le médecin pour la suite des investigations. Il s’agit d’une fracture spontanée dite de fatigue d’un métatarse.
7) Une femme de 65 ans chute en forêt de tout son long. En tombant ainsi le poid a été bien réparti et elle ne ressent finalement pas trop de douleur, hormis un point precis au niveau d’une côte devant. Le bilan révèle quelques torsion, tensions musculaire au nvieau du bras, du bassin mais rien de particulier au niveau de la côte, le point reste vif. Elle est invité à voir le médecin pour investiguer ce point douloureux. Il s’agit là d’une fracture de la côte causée vraisemblablement par un relief sur le sol comme un cailloux saillant.
8) Une patiente de 42 ans se présente avec une tendinite du fascia lata. J’observe un schéma postural modifié. L’alignement de la tête avec le corps, avec le bassin ne suit pas une ligne droite verticale. En travaillant depuis le bassin et en remontant tout le dos j’obtiens un meilleur alignement. Le fascia lata qui forçait pour maintenir l’équilibre a pu se reposer et revenir à la normale rapidement. Il semblerait que pour cette personne l’origine vienne de mauvaises postures assises
9) Un homme de 37 ans se présente avec un mal de dos et une raideur. C’est arrivé quelques jours après avoir changé de chaussures; il a acheté des chaussures avec des semelles épaisses et molles mais cela perturbait la proprioception et pour se stabiliser son corps recrutait davantage les muscles lombaire, entrainant tension et fatigue du dos. Il a pu changer de chaussures et en travaillant le dos nous avons rétabli la tension normale.
10) Anecdote des trois épines calcanéennes
En l’espace de quelques mois j’ai reçu trois personnes agées de 35 à 56 ans qui présentaient une douleur sous le pied diagnostiquée épine calcanéenne, depuis plusieurs mois sans évolutions. Les trois personnes avaient eu des interventions dentaires dans les semaines ou mois précédent l’apparition de la douleur. En rectifiant les tensions musculaire de la mâchoire, il a été possible d’améliorer la posture et la répartition du poid du corps soulageant ces douleurs de pieds rapidement.
11) Un femme de 50 ans présente une douleur légère sous la malléole externe. Apparu après une longue marche avec des chaussures de ville. Je retrouve au niveau du pied un torsion de la voûte qui est comme grippé. Le pied a probablement souffert de l’effort. En travaillant à assouplir tout le pied, la douleur s’est estompée.
12 ) Une femme de 55 ans présente une boiterie et une douleur dans la fesse et le genou. je retrouve des tensions au nvieau du bassin mais j’observe la présence d’un durillon sous le pied opposé. Il apparaît que la position d’évitement entraine une mauvaise posture et des douleurs. Elle est invité à voir le pédicure pour ne plus boiter.
13 ) Un homme de 22 ans présente une douleur au dos régulière. Il y a une posture générale dérangée avec une bascule franche du bassin. Après le bilan et différents tests je suis amené à m’interroger sur la possibilité d’une jambe plus courte. Je l’invite à voir le médecin et podologue pour investiguer cette possibilité.
